La norme NF EN 13859-1 définit les propriétés des écrans de sous-toiture. Bien que leur installation ne soit pas obligatoire partout, elle est fortement conseillée, surtout que de plus en plus de régions sont désormais sujettes aux chutes de neige.
Toutefois, face à la diversité des produits disponibles sur le marché, notamment les écrans Hautement Perméables à la Vapeur (HPV), il est difficile de faire le bon choix pour son logement. Cet article vous éclairera sur les distinctions entre les classes R2 et R3 des écrans sous-toiture HPV, pour vous aider à choisir la meilleure option selon vos besoins.
Qu’est-ce qu’un écran sous-toiture HPV ?
Un écran sous-toiture HPV est une membrane synthétique installée sous les matériaux de couverture (tuiles, ardoises, etc.). Sa particularité réside dans sa capacité à laisser passer la vapeur d’eau de l’intérieur vers l’extérieur de la toiture, tout en empêchant l’eau liquide (pluie, neige fondue) de pénétrer. Cette propriété est essentielle pour éviter la condensation et l’humidité dans la charpente et l’isolation, préservant ainsi leur intégrité et leurs performances sur le long terme.
Traditionnellement, les toitures étaient ventilées par des lames d’air entre l’isolant et la sous-face des tuiles. Avec l’évolution des techniques et des exigences en matière d’isolation, les écrans HPV ont permis de supprimer cette lame d’air, offrant ainsi la possibilité de poser l’isolant directement au contact de l’écran. Cela maximise l’épaisseur d’isolant et améliore l’efficacité thermique globale de la toiture.
L’écran HPV remplit plusieurs fonctions vitales. Il constitue une barrière efficace contre les infiltrations d’eau dues à des défauts de couverture, des vents violents ou de la neige poudreuse. Sa perméabilité à la vapeur permet d’évacuer l’humidité provenant de l’intérieur de l’habitat (respiration, cuisson, douches), évitant ainsi la formation de condensation dans la toiture.
De plus, un écran HPV limite les soulèvements de tuiles par le vent et empêche la pénétration de poussière, de suie ou d’insectes. En cas de rupture d’un élément de couverture, il retient les débris et protège les personnes et les biens situés en dessous. Enfin, en permettant une isolation continue et sans lame d’air, il optimise l’efficacité énergétique de la toiture.
Par ailleurs, l’écran sous-toiture convient à la plupart des types d’isolation de toiture : isolation sous tuiles, isolation de la toiture par l’intérieur, isolation de la toiture par l’extérieur en polystyrène, etc…
Que signifient les classes R1, R2 et R3 ?
Ces classes sont principalement liées à la résistance à la rupture et à la résistance au poinçonnement de l’écran, ainsi qu’à sa capacité à résister aux sollicitations mécaniques lors de la pose et au cours de la vie de la toiture.
Classe R1
Les écrans de Classe R1 sont les moins résistants et nécessitent impérativement une lame d’air ventilée entre l’écran et l’isolant. Leur utilisation est de plus en plus rare avec les exigences actuelles en matière d’isolation et d’étanchéité à l’air, étant généralement destinés aux toitures froides où la ventilation est primordiale pour évacuer l’humidité.
Classe R2
Les écrans de Classe R2 offrent une résistance mécanique supérieure à ceux de classe R1. Ils peuvent être posés directement sur l’isolant, sans lame d’air ventilée, à condition que l’isolant soit continu et qu’il n’y ait pas de risque de condensation interstitielle. C’est la classe la plus courante pour les toitures modernes isolées, adaptée à la majorité des configurations de toiture et des types de couverture. Leur résistance permet de supporter les contraintes de la pose et de maintenir leur intégrité face aux mouvements de la charpente ou aux pressions du vent.
Classe R3
Les écrans de Classe R3 sont les plus robustes et les plus résistants. Ils sont conçus pour des conditions de pose et d’utilisation plus exigeantes. Comme les R2, ils peuvent être posés directement sur l’isolant. Leur haute résistance les rend particulièrement adaptés aux toitures avec des entraxes de chevrons importants, des pentes faibles, ou dans des zones soumises à des vents forts ou de fortes charges de neige. Ils sont également privilégiés pour les toitures-terrasses non accessibles ou les toitures végétalisées, où les contraintes mécaniques sont plus élevées. Leur durabilité accrue est un atout majeur pour les projets de longue haleine ou les rénovations lourdes.
Vous vous interrogez sur les normes encadrant l’écran sous-toiture ? Découvrez ce que dit la loi sur l’écran sous-toiture obligatoire.
Écran sous-toiture HPV : R2 ou R3 ?
Le choix entre un écran sous-toiture HPV de classe R2 ou R3 dépend de plusieurs facteurs clés liés à la configuration spécifique de votre toiture, aux conditions climatiques de votre région, et, bien entendu, à vos exigences en matière de performance. Il s’agit de trouver le juste équilibre entre la protection optimale et l’investissement nécessaire.
La pente de la toiture
Pour les toitures à faible pente, c’est-à-dire celles dont l’inclinaison est inférieure à 20 %, un écran R3 est fortement recommandé, voire obligatoire selon les Avis Techniques des produits spécifiques. Sa résistance accrue et sa capacité à mieux gérer les accumulations d’eau en cas de défaillance de la couverture en font un choix plus sûr, car sur une faible pente, l’eau s’écoule moins rapidement, augmentant le risque d’infiltration.
En revanche, pour les pentes plus importantes, un écran R2 est généralement suffisant, l’écoulement de l’eau étant plus rapide et réduisant ainsi le risque d’infiltration.
L'entraxe des chevrons
L’espacement entre les chevrons de votre charpente influence également le choix. Si l’entraxe est standard, c’est-à-dire inférieur à 60 cm, un écran R2 est parfaitement adapté. Sa résistance est suffisante pour supporter les contraintes entre les chevrons sans problème.
Cependant, si vous avez de grands entraxes, supérieurs à 60 cm, un écran R3 est préférable. Sa résistance mécanique supérieure lui permet de mieux résister à la déformation et aux déchirures sous le poids de la neige, du vent ou lors de la pose.
La zone géographique et les conditions climatiques
Dans les zones exposées à des vents violents, comme le littoral ou les régions montagneuses, un écran R3 est fortement recommandé. Sa robustesse lui permet de mieux résister aux pressions et aux dépressions exercées par le vent sur la toiture, limitant ainsi les risques de soulèvement ou de déchirure.
De même, les régions avec d’importantes accumulations de neige bénéficieront grandement d’un écran R3, dont la résistance au poinçonnement est cruciale pour supporter le poids de la neige sans se dégrader.
Le type de couverture
Le choix de votre matériau de couverture peut également orienter votre décision. Pour des couvertures courantes comme les tuiles à emboîtement ou les ardoises, un écran R2 est souvent suffisant pour assurer une protection adéquate.
Cependant, pour des couvertures qui peuvent être plus sujettes aux infiltrations capillaires ou aux soulèvements par le vent, telles que les tuiles canal ou les tuiles plates à faible recouvrement, un écran R3 peut apporter une sécurité supplémentaire non négligeable.
Le type d'isolant et la ventilation
Si vous optez pour une isolation performante sans lame d’air sous l’écran, c’est-à-dire une pose directe sur l’isolant, les écrans R2 ou R3 sont tous deux adaptés. Le choix final se fera alors en fonction des autres critères mentionnés précédemment.
Dans le cas d’une isolation par l’extérieur, comme la technique du sarking, où l’écran est posé directement sur la volige ou un support continu, un R3 peut être privilégié pour sa robustesse lors de la mise en œuvre et sa durabilité accrue face aux contraintes du chantier.
Comment poser un écran sous-toiture sur volige ?
La pose d’un écran sous-toiture sur volige est une étape délicate qui nécessite rigueur et précision pour garantir l’efficacité de la protection. La volige, constituée de planches de bois jointives, offre un support continu pour l’écran, ce qui est particulièrement avantageux pour les écrans HPV.
Préparation du support
La première étape consiste en la préparation du support. Assurez-vous que la volige est propre, sèche, et exempte de clous ou d’aspérités qui pourraient endommager l’écran.
Déroulement de l'écran
Ensuite vient le déroulement de l’écran. La pose doit commencer par le bas de la toiture, en déroulant la première bande d’écran parallèlement à l’égout (le bord inférieur du toit). Il est important de laisser dépasser légèrement l’écran dans la gouttière pour assurer une bonne évacuation de l’eau.
Fixation provisoire de l'écran
Une fixation provisoire est nécessaire pour maintenir l’écran en place avant la pose des contre-lattes. L’écran est fixé à la volige à l’aide d’agrafes ou de pointes à tête large. Ces fixations seront ultérieurement recouvertes par les contre-lattes, et leur espacement doit être suffisant pour maintenir l’écran sans le perforer excessivement.
Assurer l'étanchéité des jonctions
L’étanchéité des jonctions est une étape cruciale. Les lés (bandes) d’écran doivent se chevaucher horizontalement sur une largeur minimale spécifiée par le fabricant, généralement entre 10 et 15 cm. Ce chevauchement est fondamental pour l’étanchéité, et les lés supérieurs doivent toujours recouvrir les lés inférieurs, à la manière des tuiles, pour que l’eau s’écoule par-dessus sans pénétrer.
Pose des contre-lattes
Après la pose de l’écran et l’étanchéité des jonctions, la pose des contre-lattes intervient. Celles-ci sont fixées verticalement sur les chevrons, par-dessus l’écran. Les contre-lattes ont un double rôle essentiel : elles maintiennent définitivement l’écran en place en le comprimant contre la volige, et elles créent une lame d’air ventilée entre l’écran et les liteaux.
Pose des liteaux
Pour finir, la pose des liteaux est réalisée. Les liteaux sont cloués horizontalement sur les contre-lattes, et c’est sur eux que seront fixés les éléments de couverture (tuiles, ardoises). L’espacement des liteaux est déterminé par le type de couverture choisi.
Quelle est la durée de vie d’un écran sous-toiture ?
La durée de vie d’un écran sous-toiture est un facteur important à considérer lors de son choix, car elle impacte directement la pérennité de votre toiture et la nécessité de futures interventions. Plusieurs éléments influencent cette longévité comme la qualité du produit, les conditions de pose et l’environnement et les conditions climatiques.
En général, un écran sous-toiture HPV de bonne qualité, posé dans les règles de l’art et protégé rapidement par la couverture, a une durée de vie qui peut atteindre 30 à 50 ans, voire plus. Il est souvent conçu pour durer aussi longtemps que la charpente et l’isolation qu’il protège, s’intégrant ainsi pleinement dans la longévité globale de la toiture. Cependant, il est important de noter que la durée de vie de l’écran est intrinsèquement liée à celle de la couverture. Si la couverture doit être remplacée après 30 ans, l’écran sous-toiture sera également accessible et pourra être vérifié, voire remplacé si nécessaire, lors de cette intervention majeure.
Il est recommandé de choisir un écran sous-toiture dont la garantie fabricant est significative, ce qui constitue un bon indicateur de la confiance du fabricant dans la durabilité de son produit. Un investissement dans un écran de qualité supérieure, même s’il est légèrement plus cher à l’achat, est souvent rentable sur le long terme en évitant des réparations coûteuses et prématurées, assurant ainsi la tranquillité d’esprit des occupants.
